Correspondance : 1

Publié le par Alain Marc

Je vais essayer de rattraper le temps (qui n'est pas "perdu").

  

 

— je commence à avoir là, un petit peu mal aux yeux avec l'écran de l'ordinateur, qui bombarde en permanence de ses électrons... —

  

 

Cela me permettra aussi de classer au fur et à mesure que je vous aurais répondu, et écris ce que j'avais noté devoir vous écrire. Je vais vous envoyer le tout, morceau par morceau, au fur et à mesure de leur écriture — je vais avoir tout mon temps ce soir, avec cette soirée entièrement à moi seul, et espère avancer à fond, et n'être pas trop fatigué avant d'avoir épuré le tout !

 

 

J'aime décidément beaucoup ce Claude Vigée (cela remonte déjà au mercredi 23 novembre...). Ce que vous m'en dites à nouveau, témoigne d'une grande profondeur et de perception de la vie. Alors oui, j'aime cette idée de "dialecte comme patois explosif" (tiens, je repense soudain à ce que j'ai retranscrit d'Antoine Raybaud dans Écrire le cri — la parole dégorgeante etc. ...), qui hoquette - moi qui travaille à retranscrire l'oralité, voilà qui ne peut que m'intéresser, au plus haut point... —, le bégaiement (j'ai rédigé une note à ce sujet dans le futur recueil, à écrire, de "nouveaux regards hallucinés" — comme Juarroz, j'ai pensé que j'écrirai peut-être plusieurs recueils de Regards hallucinés, comme il l'a fait avec ses Poésies verticales), parler "pour toucher les choses", les "conventions langagières", "l'épuisement à exprimer", les "origines nues du langages" (je reprends aussi bien ses paroles que les vôtres les annonçant), la proximité "toujours de la fureur". À méditer, encore et encore, et à relire, périodiquement, autant de fois que cela sera nécessaire (et productif).

 

 

C'est un beau cadeau, encore, que vous me faîtes en ce début de cette dernière lettre de samedi dernier (moi aussi je relis parfois plusieurs fois les lettres que vous m'adressez, et les imprime, les garde, les reprends quand je me mets à repenser à des mots de vous à moi. De vous à moi, surtout.) Mais je dois vous dire que j'ai aussitôt ressenti, lisant cette lettre, une extraordinaire sérénité ! Grand, très grand ! Je n'ai pas forcément envie d'y revenir, non pas, mais parce que. Étonné tout de même que vous me parliez de Bashung (et moi qui croyais que vous n'écoutiez que du classique !), et surtout, surtout, de ce grand disque qu'est son dernier. Que je m'écoute, quand je culpabilise d'être enfermé par dans, un vague à l'âme tenace, et ce, depuis trop de temps, sans encore avoir trouvé comment en sortir. En communion, donc. (Mais cela fait longtemps que je ne suis pas retourné à cette écoute.)

  

 

Je reprends ce soir : j'ai encore trop à vous dire, et aussi parce que

 

 j'aime vous écrire

 

 

Alain

 

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Publié dans correspondanSes

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