Je vous 2

Publié le par Florence Trocmé

J'ai énormément de choses à vous dire, de questions en suspens à reprendre, qui me trottent dans la tête et dans le cœur.

 

Et puis, je me suis aperçue que sous prétexte de ne pas parler d'intime, je censurais souvent les petites choses du quotidien que j'ai ENVIE de dire, de partager avec vous comme elles me viennent : une lumière par la fenêtre, ma cocotte-minute toute neuve que je fais brûler, le message d'une amie. Désormais je dirais ce qui "me passe par la tête" (pourquoi cette connotation si négative sur cette si belle expression) quand je vous écris, c'est cela aussi l'amitié, avoir suffisamment confiance pour savoir que se partagent l'essentiel et le trivial qui pour moi ne l'est jamais, qui est si riche de sens, de vérité quand on sait le regarder et qui surtout fait tant partie de la vie.

 

Pour l'heure j'écoute ce Chostakovitch (5e symphonie) dont les deux notes de la fin du premier mouvement me poursuivent : la ré, la ré, la ré, cela revient, je sais d'où ça vient cette fascination, je vous la dirai mais je voudrais retrouver si je l'ai ici le livre extraordinaire de Groddeck sur la musique.

 

Je vais noter tout ce que j'ai à vous dire et peut-être le faire message par message, je ne sais pas encore.

 

Un vol d'oiseau noir sur des filaments de nuages et Chostakovitch en longues nappes bruissantes, d'autant plus saisissantes qu'elles sont en général suivies de masses sonores tonitruantes...; j'aime aussi ses préludes et fugues, ce n'est pas une écriture du cri mais ce serait peut-être une musique du cri (là aussi, il n'est pas forcément, il n'est sûrement pas là où on pense, dans les hurlements des divas de l'opéra - que je n'aime que très peu de façon générale - ; il serait dans l'effroi de Don Giovanni, il serait étouffé et terrible dans certaines pages de Schubert, et dans certaines chansons, oui, j'en connais peu, mais un tel appétit pour le sonore et les mots que là où ils s'allient, je suis)

 

Le petit livre rouge sur le cri est formidable [des Araignées... au Cri], je l'ai lu en entier hier soir. Il précise les choses qui sont de plus en plus évidentes pour moi avec ce résumé limpide "je n'écris pas sur le cri, j'écris le cri". J'ai beaucoup à dire soudain là-dessus.

 

J'accomplis les tâches du jour, notamment pour Poezibao et la maison...

 

à plus tard

 

Florence

 

 

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Publié dans correspondanSes

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