Les notes, les fiches, et les regards 1

Publié le par Florence Trocmé

À propos des notes, j'ai repensé plusieurs fois à ce mur de notes de l'expo Barthes, parce que je trouve cette façon de faire très intéressante ; je suis toujours un peu à la recherche d'une organisation. Je n'ai jamais pratiqué la fiche, même dans mes études (relativement courtes il est vrai puisque je me suis arrêtée à la licence d'histoire de l'art et d'archéologie), plutôt le fil continu. Mais il est vrai aussi que quand j'ai commencé à tenir le Flotoir vers 2000, très vite je lui ai donné une sorte de structure en courts paragraphes avec un titre qui n'est souvent qu'un mot.

 

J'ai été chercher pour vous dans les hauteurs de ma bibliothèque le catalogue de cette fameuse exposition et je retrouve, copieusement souligné, un texte d'une certaine Nathalie Léger intitulé "Immensément et en détail" (beau titre !) sur le système de fiches de Barthes. 

 

Quelques extraits qui peuvent sans doute vous parler : (en gris, les citations, en noir mes quelques commentaires)

une citation de Barthes, extraite de Littérature et Discontinu, dans ses Essais critiques "c'est en essayant entre eux des fragments d’événements que le sens naît"

Dans les loges de l’œuvre de Barthes, attendant la conjonction, 12 250 morceaux de textes ont été rédigés par lui sur des fiches de format un quart de papier standard (c'est moi qui souligne)

 

Un mot est relevé, prélevé, en tant qu'il indexe une thèse, un morceau de thèse (là on s'éloigne de vous) le tout formant une collection d'existents (sic) Aérien, affolé, agencement, agression, aimable, aise, ajouré, algorithme, allusion, alphabétique...

L'objet du fichier est de faire indéfiniment circuler les morceaux de textes sous les mots

 

le principe des fiches permet le recueil des savoirs, il garde la mémoire des lectures et des intuitions. Par son pouvoir de capitalisation des données (je n'aime pas beaucoup ce vocabulaire "économique" mais là je pense davantage à vos futurs livres sur les différents sujets !).

 

Il s'agissait à l'égard du réel d'organiser ce que Bacon nommait la "césure de l'infini" […] le réel est immense, un infini que la césure de la nomination apprivoise (c'est moi qui souligne)

 

ce qui déclenche la mise au fichier, c'est un flash, un emportement de la pensée

 

Ainsi vouloir nommer "immensément et en détail"; c'est probablement s'engager à désigner (lentement et inexorablement) le comble de l'écriture, son apocalypse...

 

Je pourrais si vous le souhaitez vous photocopier l'article entier, il est un peu annoté cela dit...

Bonsoir Alain

Florence
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Publié dans correspondanSes

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