Par la rencontre d'un sens et d'une forme étroitement imbriqués

Publié le par Alain Marc

Florence

Tu me demandais dans ta lettre du 21 si j’avais renoncé à écrire de nouvelles choses, à continuer d’accumuler de nouveaux matériaux. Oui, Florence, j’y ai renoncé, à part quelques notes par ci par là mais en si petit nombre, au rythme d’une par mois environ et pas plus. J’y ai renoncé temporairement, afin de pouvoir finir tous mes écrits dans un premier temps, de tenter d’en publier de nouveaux dans un deuxième temps — et il est vrai par voie de conséquence, que le papier que j’avais toujours pour habitude de disposer bien à l’évidence près de mon lit afin d’y noter ce qui me venait fréquemment juste avant de m’endormir, reste dorénavant désespérément vide le lendemain matin…

Par contre ce qui est nouveau pour moi est le fait que je me sois attelé, dans l’optique de deux écrits, à des écrits, sans “forme” encore arrivée. Ces deux écrits, cette émergence, de ce recueil de nouvelles “psy“, plus proche du récit, comme de ce deuxième tome que je projette depuis si longtemps également, sur le cri, sont des écrits sans forme puisque tout y est encore épars, par phrases et autres bouts, avec sur des projets qui ne sont pas destinés à devenir carnets ou “essais-par-fragments”, c’est-à-dire constitués quasi exclusivement de notes. Et cela est nouveau pour moi, car cela ne m’est pas arrivé depuis 1995-1997 date de la rédaction définitive d’Écrire le cri (les formes du regard halluciné et de la poésie non hallucinée étaient présentes et ont été créées bien avant). Car j’ai réalisé et suis maintenant totalement persuadé, même si j’ai d’abord combattu cette idée notamment dans mon chapitre « Contre la forme » d’Écrire le cri, que tout bon écrit ne peut être, existé, que par la rencontre d’un sens et d’une forme, étroitement imbriqués, l’une, venant de l’autre et vice versa. C’est pour cela que je vis cette phase comme étant à nouveau vierge devant la page qui se trouve devant moi. Et ce fut avec une grande joie que je découvris subitement, petit à petit et subitement, la forme de ces “nouvelles“ naître quasiment devant mes yeux, totalement nouvelle, neuve, totalement issue du sens que j’avais devant moi et que je projetais silencieusement pour ce projet.

Forme, qui est là pour ce deuxième tome d’Écrire le cri, car je compte bien “réutiliser” la même qui a largement démontré sa grande force, mais où paradoxalement je peine à, à nouveau, entrer dans le contenu que je projetais pour cet écrit (il me manque peut-être une raison pour écrire, me lancer plonger à fond dans, l’écriture de ce deuxième tome, comme il y en eut une pour le premier tome, en arrière fond, qui tournait autour de la censure de mes écrits de création, mes poèmes à dire et à crier). Car je ne te cacherais pas que j’ai de moins en moins d’énergie, que je suis bien souvent maintenant au bord, de la rupture : hier encore, je n’ai pu absolument rien faire, suis resté complètement bloqué, sur toutes les tentatives d’écrits que je tentais. Je pense commencer à atteindre la limite de ma propre décision d’écrire en autiste, seul, sans me soucier le moindre du monde de quelque publication que ce soit ! Car oui je te l’ai dit, compte comptais, cela était la deuxième phase que j’avais pro- jetée, d’entamer une nouvelle phase de contacts d’un an ou deux

Voilà où j’en suis, Florence aujourd’hui, point qui me donne l’occasion de soulever peut-être, quelques points… En profite pour te signaler la mise en ligne d’un début d’article  

Alain

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