Temps, typo, travaux

Publié le par Florence Trocmé

Donc je reviens vers toi, expédiées les affaires courantes comme on dit.

Oui, étrange n'est-ce pas que je t'ai vouvoyé. Je pense qu'une des choses passionnantes dans cette aventure, car c'en est une, je le vis comme cela, c'est le travail sur le temps. Un peu comme dans l'œuvre de Claude Mauriac, ou dans celle de Frédéric-Yves Jeannet, qui rapprochent l'un et l'autre des choses écrites à des années de distance. J'étais sans doute tellement repartie dans le temps des débuts de notre correspondance, la lisant et la relisant dans le contexte de cette "exposition" qu'est cette publication, que reprenant la plume aujourd'hui pour T'écrire, je t'ai vouvoyé . Comme alors. Je trouve cette expérience, c'en est une, très troublante. Quid des différents fils, des différents continuum (pluriel ? Continua ?) de temps en nous. Le temps de l'inconscient, réputé n'en avoir pas, le temps du corps, le temps de l'esprit, le temps du monde dans lequel nous sommes immergés ? 

Je reviens donc sur les questions importantes que tu me poses. 

En fait je pense que la simple publication, décalée, de ce qui a été notre correspondance jusqu'à aujourd'hui n'a d'intérêt que si elle constitue le support, la fondation du développement, en ligne, en léger différé, de notre correspondance maintenant. Dans l'idée d'une expérimentation de ce que peut être la correspondance, le travail d'échange car c'en est un, entre deux écrivains qui utilisent les moyens contemporains de publication. Avec précisément tout le travail sur le temps. Et bien sûr la question fondamentale du "in progress", vu surtout sous l'aspect des remaniements que l'on peut apporter, en permanence, à ce qui a déjà été écrit.

Je voudrais que l'on harmonise absolument [...] Sinon c'est le capharnaüm typographique (as-tu noté qu'il tend un peu à se résorber aujourd'hui sur les blogs et les sites, que les gens commencent à devenir plus sensibles à cet aspect et ne multiplient n'importe comment police, corps, etc. — quel drôle de vocabulaire tout de même que celui de la typo !).

Il faut aussi vérifier la cohérence et l'enchaînement.

En effet, certaines coupes impliquent, comme dans le cas d'une tumeur, d'éradiquer large autour, sinon on ne comprend plus rien. C'est douloureux, mais nécessaire.

Florence

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