C'est par le travail que l'on peut aimer les mots

Publié le par Alain Marc

[…]

 

Mais voilà que je parle à nouveau pour ne rien dire ! C'est Internet, encore une fois, qui permet cela. Alors je repensais, est repensé plusieurs fois, et me dois de préciser. Non, florence, ce n'est pas par appréhension trop envahissante, mais plutôt ce soucis (pour, à chaque fois que je lis la parole d'un, d'une, autre, à mon sujet), ce soucis de la précision, et donc toujours, du dé calage : Est-ce bien cela que j'ai dit ? Est-ce bien comme cela, avec ces mots là ? Non, évidemment. Mais Est-ce que ces paroles, qui ne sont pas les miennes mais seulement leur reprise, dé -formée, est-ce que leur ensemble, traduit encore un petit peu, ce que j'ai dit, ou cru dire ? Est-ce bien cela (...)

 

Tout mon travail en fait, je le pense et associe à l'instant, de la précision aussi peut-être, l'explication de ma fixation sur la note. Comment écrire précisément, je dis bien précisément, plus de trois, ou quatre, phrases à la suite, sans trahir, sans se, trahir ? La note, le fragment, et seulement, l'assemblage de plusieurs, qui amplifie, emmène, seulement un peu plus loin, mais forme encore un ensemble suffisamment fidèle, suffisamment fort, pour emmener et amener, à penser à partir, de. De là mes ensembles de notes, et 'essais'.

 

Comment se, comment continuer à, se, parler ? Si peu, à chaque fois, reste, en, restant... Je crois qu'il y a un peu de cela, dans mon appréhension, cette, appréhension que tu as sentie Florence, juste, un peu de cela. Mais c'est déjà tant ! Et qui n'a rien à voir avec l'autre, vu que le mécanisme se répète à chaque fois.

 

Et après, après seulement, après ces trois ou quatre, lectures ou plus, je me mets alors à VOIR, enfin, les mots de l'autre qui me plaisent dans la forêt des mots qui m'étaient totalement étrangers, ou que je trouvais loin : ils deviennent soudain proches et me mets à les

aimer...

 

(c'est par le travail, que l'on peut aimer les mots)

 

Alain

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