Juste pour vous dire 2

Publié le par Florence Trocmé

Merci Alain de penser au     nous sommes dans la veillée d'armes d'autant que nous venons de visionner le Procès de Welles [sur Kafka] que     n'avait pas encore regardé j'avais acheté le DVD et je suis heureuse de l'avoir vu avec     car c'est très dur très violent magistral et d'une actualité toujours aussi évidente près de cinquante après le tournage

 

j'aime votre présence quotidienne via [lapoesiedoitquitterlabeaute] et ce     toujours étrange cette idée que de nos écrivains nous tenons la parole à notre portée à leur insu presque fausse insu puisqu'ils l'ont voulue telle mais in absentia en quelque sorte présence in absentia c'est très impressionnant éprouvé cela souvent en abordant tel ou telle, lu(e) parfois très en profondeur en empathie dans cette sorte de lecture flottante écoute qui me laisse percevoir l'être dans l'écriture sous l'écriture aborder cet être inconnu et su à son insu souvent cette expérience là aimée questionnée car la question est là sous jacente du rapport entre l'être de chair rencontré là et l'être de mots qui s'est donné dans son écrit s'est donné oui c'est ainsi que je le vis le sens et souvent car je suis dans l'absolu la difficulté de faire coïncider les deux êtres celui de chair avec les contraintes sociales que je vais rencontrer et l'être de mots avec lequel souvent j'ai entrepris un dialogue de mots à mots il faut passer de mots à mots à chair à chair dans les deux cas il s'agit de s'apprendre de s'éprouver mais le livre masque peu alors que le corps est un redoutable écran surtout lorsqu'il s'inscrit et quand ne le fait-il pas dans le contexte de la relation sociale il faut beaucoup de temps ou parfois de chance pour que s'effacent les frontières du social pour que s'établisse entre les êtres de chair ce qui a pu s'éprouver entre les êtres de mots. Et pourtant ne croyez pas que je suis en train vous pourriez le croire c'est évident de vous expliquer que je préfère ne pas vous voir non je vous ai dit que j'étais prête à vous rencontrer de nouveau presqu'un an il me semble après notre première rencontre quand vous le voudrez et si vous le voulez je n'ai pas peur car notre dialogue est assez profond assez enté sur l'essentiel et sans fards pour que la rencontre réelle ne soit pas un obstacle même si elle peut être un trouble un choc une émotion.

 

Welles résonne avec autre chose qui n'a pas à voir sauf à susciter le même sentiment d'épouvante et de révolte la petite fille palestinienne torche de douleur c'est ainsi que je l'ai éprouvée vue plusieurs fois de suite découvrant les cadavres de ses parents sur cette plage bombardée par les autres oui je dis les autres exprès je sais qu'on parle de bavure mais c'est l'autre qui toujours tue dépèce attaque brise fait hurler de douleur et c'est cela qui est terrifiant et peut-être suis-je sûrement je suis naïve mais j'ai été bouleversée que Abbas adopte cette enfant et je pense soudain aux petites filles terrifiantes elles mais je ne comprends pas dans le livre de Kafka le film de Welles à la fin quand il rend visite au peintre….

 

À plus tard Alain

 

 

de votre réponse l'autre jour deux choses essentielles pour moi que je puisse vous apporter quelque chose et que ce que je vous ai écrit vous l'ayez trouvé "superbe, littérairement"; nous nous portons

 

Publié dans correspondanSes

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