Ami

Publié le par Florence Trocmé

J'ai lu votre lettre Alain, mais à l'heure qu'il est vous devez être parti. Je ne le "prends pas mal" et encore moins "contre moi", pourquoi voudriez-vous ? J'ai du mal à comprendre que vous puissiez l'imaginer, j'exprime un point de vue, vous n'êtes pas d'accord, c'est le moins que l'on puisse dire, d'ailleurs cette expression est idiote, vous me le dîtes, c'est à la fois normal et nécessaire. Et je l'accueille ainsi. la seule chose avec laquelle moi je ne suis pas d'accord, c'est le rejet de presque toute la poésie du XXème siècle. Il y a bien entendu chez vous, et je la comprends mais ne l'épouse pas, car ce n'est pas ma nature, une radicalité extrême.

En revanche, j'estime que vous ne répondez pas à la question cruciale de l'analyse de l'écriture du cri et des outils de l'écriture du cri. On peut commencer si vous voulez par la disposition intérieure qui préside à l'éruption (je pense que c'est le seul mot valable ?) d'un écrit du cri. Quel état intérieur et quelle voie pour cet état ? Prochain [enjeu] pour vous : essayer de me faire comprendre ça.

Je vous relirai plusieurs fois et reviendrai sur la lettre si j'en sens le besoin.

N'ayez pas PEUR, je vous ai dit très clairement ce que je ne supportais pas, maintenant les choses sont simples mais je n'ai jamais exclu de vous lire et de vous accepter dans l'expression de votre radicalité.

À très bientôt

Florence

Publié dans correspondanSes

Commenter cet article