Correspondance : 3 (et fin)

Publié le par Alain Marc

 
Mais je dois revenir, Florence, sur ce sujet qui me tient particulièrement à cœur : celui de la censure. (J'ai noté cela il y a déjà un petit moment, je crois vous en avoir donné la première moitié — cela devait être début-mi novembre, peut-être le 10 —, mais n'ai pas réussi à glisser la suite dans l'une de nos autres correspondances, pensant vous importuner...) Je dois y revenir, parce que cela est tellement, important !


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... de l'autre ("côté", "d'un autre" ?), elle — je ne sais plus, l'auto, censure ?, cherche le sujet, mais ne le trouve, plus... — repousse, pousse, dans ses retranchements, et ses peurs, les plus profondes, les plus enfouies, voire,


avec la


Mort, à l'œuvre. (Elle,) colle instantanément la peur, de sa propre, mort. Comme si, de voir la souffrance que rien ne peut, arrêter, de l'autre. Allait nous faire craquer. Qu'on n'y arriverait, plus. (À contrôler, à se, contrôler.) Et nous — faiblesse, peur de la, mort — glace, et pétrifie. Qu'elle allait nous faire passer à l'acte, nous pousser, à notre tour au, sui
cide, au dé
sespoir,
et que cette ba
rrière, franchie, serait   i n é l u c t a b l e
ou nous ferait basculer dans
la Folie.


Censure : ce que je dis est inaudible (9 novembre), n'est pas
entendu
D'où mon
et mon mal
— très souvent ou pério
diquement —
de V


— ... Et même si vous y travaillez, Florence, il faut que je vous dise que je suis totalement désespéré, du peu de retours (et é dit...-s), que j'arrive à ob
tenir


(ce qui est dur aujourd'hui, Florence, est d'assembler toutes ces différentes émotions, ensemble : l'extrême, et le relativement
apaisé...)


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Et cela aussi —
le Cri : aussi bien extérieur, qu'intérieur, aussi bien social qu'exis
tentiel


Avec l'outil de la quête existentielle, comme l'a de même creusé et découvert en solitaire,
Viktor Frankl.

 

 


... comme les Lettres (superbes !, mais à propos de quoi ?, je vous laisse faire la liaison...), de Rilke, à un jeune poète.
Et ce poème d'Ilse Aichingere, tellement beau !, qui m'a fait énormément pensé à nous, à vous et moi, Florence, et à notre... correspondance... (Comme j'ai beaucoup aimé la note de Gabrielle Althen sur la fonction ontologique du verbe.)


Je ne sais pourquoi j'ai aussi envie de vous dire, que j'aime énormément en ce moment écouter cette émission « le Jazz est un roman » sur France Musiques sur le Jazz et Paul Desmond d'Alain Gerber (tous les jours de la semaine entre 18h et 18h55 — l'alternance entre les morceaux de musique et la voix narrative me gênait et m'agaçait beaucoup au début et puis, un déclenchement s'est soudain opéré, qui me fait aimer aujourd'hui énormément, au point d'attendre avec impatience ce moment où je prendrais ma voiture et pourrait allumer mon autoradio, à ces heures là, où je sors généralement la semaine...)
Mais aussi :


Florence, et vous qui connaissez si bien l'œuvre de Roubaud, dites-moi si la Pluralité des mondes de Lewis est de la même veine que Quelque chose noir ?



Tout vous envoyer, tous mes manus
crits,
Florence, ce sera :
une performance !

Quant à votre "épaisseur inouïe du mot" (5 juillet), sachez que je me suis vraiment promis de vous répondre un jour. Je le ferai, lorsque je me serais remis entièrement, sur l'écriture de nouveaux, regards et poésies, hallucinés et non, hallucinées (et sur la réflexion en cours, depuis notre entrevue de juillet..., à propos de notre perception subliminale des choses, et de la science). Ce qui devrait maintenant venir dans un temps relativement proche, puisque je commence commençait à ressentir de plus en plus fort, ce besoin également de réaliser et d'arriver à, mon engagement auprès de ce sculpteur qui habite à quelques kilomètres de chez moi de lui écrire des poésies hallucinées et non, de sur à partir de, ses œuvres.

Et, (pour terminer,) concernant votre remarque — qui sont toujours plus que judicieuses... —, au sujet de mon petit carnet du M, et du seul usage de l'émotion, je dirais même, qui va parfois jusqu'au... fétichisme ! (votre lettre du 3 décembre), je dirais que, mine, l'air de rien, vous n'imaginez peut-être pas (mais si, je le sais que si), à quel point vous touchez là un point crucial, central, de ma démarche. Et que Oui, la pulsion, n'est pas toujours vraie, ne met pas toujours à jour, du vrai, la vérité, mais qu'elle a le mérite de toujours mettre à nu, de toujours réussir à passer au dessus, des barrières de toutes censures (et nous revenons au début de cette lettre, au début de ce grand tour — de plus d'un mois de correspondance —, que je viens d'effectuer), et de l'auto-
censure.

Alain 
 

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