CorrespondanSes

  • danse.jpg
  • carnetdecorrespondance.jpg
  • pasteur.jpg
  • tocqueville.jpg
  • pont.jpg

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Catégories

Recommander

 
 
Pourquoi ne pas dévoiler la création, le long travail de l'ombre, avec ses interrogations, ses confrontations et ses confor- tations ?
Dimanche 29 octobre 2006

Florence,

 

Merci. Merci énormément, pour ce que tu me dis sur mon journal. Qui conforte (ré- conforte) ce que je pensais depuis longtemps, à savoir que ce dernier peut être considéré, pourra, comme une “œuvre” [comme une autre], à part entière... Merci beaucoup, donc, pour ce que tu me renvoies, qui, encore une fois, est fort, et fort bien dit (encore une lettre de toi que je garde).

Ce qui me fait une bonne transition (tu vois, tu sens mon côté journalistique ? — que je pourrais fort bien moi aussi, développer...). Pour te dire que j'ai beaucoup aimé ta note précédente du Flotoir, celle sur Chostakovitch. Tu y montres là une sensibilité extrême, une sensibilité Forte et Littéraire. J'aime bien aussi quand tu exposes ta vision de ton propre parcours, de ton œuvre en gestation et à venir, cette pluralité des sujets et points de vues proclamés et mis en avant comme un précepte, un concept littéraire, une marque de fabrique. Et là je me dis que je me dois, qu'on doit, de te laisser faire, à ta guise, produire et concentrer, ta voix, ton, projet, du Flotoir. Et cette séparation en sons, lumières (avec d'autres, catégories, à trouver ?), est une des solutions, pour présenter à la publication un jour et publier, un livre sous ce joli nom et nom qui commence à avoir son aura et petit salon d'auditeurs qui le suivent depuis quelques temps déjà, le VRAI (et seul) FLOTOIR. Mais peut-être as-tu derrière tes fagots dans le off, le Flotoir vrai que tu caches et gardes pour toi, une autre, organisation en tête. Alors voilà, ce qui me vient aujourd'hui en rebonds, entre toi et moi. Toi et moi.

 

Alain

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 28 octobre 2006

Je voulais te dire que j'avais lu le début de ton journal, où je te retrouve tel qu'en toi-même, tel que je te perçois, que j'aime beaucoup ces pages, que parfois je les trouve un peu elliptiques, que j'aimerais en savoir un peu plus… 

Je ne suis pas de ceux qui disent l'œuvre se suffit, je me fiche de la vie, je m'intéresse également, de manière égale et aussi intense, quand intensité il y a, à l'œuvre et à la vie. J'aime les correspondances, j'aime comprendre les passages, ce qui nourrit l'une de l'autre et l'autre de l'une. Ce qui est transmuté, ce qui est supporté de l'une par l'autre, etc. tout le jeu des corrélations, des correspondances, des Répons.  

Je trouve très intéressant ce que tu évoques, cette idée d'un journal trop plein dont Maurice Nadeau t'aurait détourné. Je me demande si je ne le regrette pas. J'entendais hier une émission où François Bon parlait du journal des écrivains disant que ce qu'il aimait c'était le mélange, le mélange du réel des détails et des idées. Tu m'as lue aussi parfois dans le vrai Flotoir, celui qui se déroule au fil du temps, nous avons parlé du problème des citations dans ce Flotoir, tu sais que j'aime mêler des choses très diverses.  

Sans doute parce que c'est de cela qu'en fait je veux rendre compte, par le moyen, tous les moyens de l'écriture, de la littérature, rendre compte du pluralisme des mondes et du croisement de ce pluralisme affolant et de la mort qui innerve tout, de l'entropie si tu préfères.  

Le rendre compte aussi, oui "compte", peut-être cela le métier de journaliste, ce regard quand il est vrai, quand il essaie d'être sans influence ou en tous cas d'être le moins possible (impossible bien entendu) sous influence  

Rendre compte donc de sa vie aussi, non pas parce qu'elle est intéressante en soi, non pas pour s'épancher, se plaindre, s'épandre, mais pour rendre compte d'une vie parmi tant d'autres, en relation avec un certain environnement et en réaction par rapport à cet environnement politique, économique, écologique, culturel, social, spirituel, intellectuel… où je reviens à ton idée de totalité, cette idée des débuts de ton journal de rendre compte de tout (à ce propos as-tu gardé quelques spécimens de cette approche, j'aimerais voir ce qu'il en est, quelques pages, quelques dates, comme ça, si possible).  

Florence

Par Florence Trocmé - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 27 octobre 2006

Chère Florence

 

Mon journal, aujourd'hui présenté en deux tomes, fait partie d'un puzzle. Il y eut tout d'abord le journal "à la Kafka ", projet totalitaire, contenant tout sur tout. Puis, après l'avoir soumis à Maurice Nadeau en [1994] et sur ses conseils du trop de sujets abordés, je me mis à le séparer en plusieurs (sujets, et carnets). De là naquit mon essai sur la poésie publique, celui avec mes critiques et lectures littéraires, et tous les autres au fur et à mesure. Que le temps de la Fac me le permettait (surtout pendant les "grandes vacances"), que ma première relecture dudit journal (que je trouve bien mauvais dans sa version d'alors, déjà, de part son écriture mais aussi souvent, trop souvent, de part le peu de […] vues et d'élévations [suffisamment hautes], en un mot, de maîtrise de tous les fils des sujets que je me trouvais à manipuler, qui transparaissait bien souvent au détour de la lecture des notes). Le journal, dans sa version actuelle, est donc un journal au sens traditionnel du terme, c'est-à-dire, qui dévoile les dessous de son auteur, et pour se dernier, qui lui permet d'être un espace pour déverser son trop plein, ses joies et ses peines, au jour le jour, travail que j'ai arrêté comme je te l'ai déjà indiqué, depuis fin 2004.

Je t'en souhaite

 

Alain

 

ps _ j'ai encore en mémoire ce ressenti de ma part que je ne t'ai pas encore dévoilé, de ton "Je suis journaliste" ! Ai eu aussitôt envie de te dire BRAVO !, et me suis plu à croire que je n'étais [...] cette ô combien belle

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 22 octobre 2006

Florence,

 

je travaille surtout en ce moment sur mon journal, à sa mise au net (je ne travaille plus, depuis bien longtemps, que de retouches en retouches). Cela est parfois très riche d'enseignements d'ainsi réexaminer le passé. Je suis actuellement mi-1992, c'est-à-dire juste avant mon entrée à l'université, dans le no man's land qui l'a précédée, mais qui fut aussi riche en avancées. J'aime aussi ainsi, fixer mon histoire, tel que l'on fait les plus grands, je pense plus particulièrement à Freud, et à Guy Debord, bien éloignés pourtant l'un de l'autre mais ce qui me surprend, peut-être dans les deux cas de façon un peu similaire, est cette volonté de se mettre en scène, c'est très clair pour Guy Debord dont j'ai acheté les œuvres en Quarto. Pour Freud je pense surtout à la censure de toutes ses hésitations, notamment par la publication enfin complète des lettres de Freud à Fliess où la mise en scène fut opérée par les proches et tenants de la psychanalyse. Là aussi, il y eut mise en scène, par sélection, et omissions multiples.

 

Travailler toujours dans l'ombre. C'est cela le plus important : l'écriture, et non sa consommation, sa mise sur le devant, sa promotion. Travailler travailler. Comme un Charles Juliet, à la manière d'un. Par, avec, la mort. Comme je te le disais dans les toutes premières correspondances que je t'envoyais mi 2005. Car quand on pense vraiment à la mort, on sait enlever tout le superflu, et VOIR, ce que l'on doit VRAIMENT, là où vraiment, on doit Être et Faire.

 

alain

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 11 octobre 2006

Je comprends fort bien le non sens que j'ai effectué, Florence, et mesure à quel point les mots sont traîtres. Toujours, un double sens est possible, selon, le présupposé de chacun (très bien, les études de cette linguiste, et sémioticienne, Catherine Kerbrat-Orrechioni), le sens en tête avant de lire, ce sens, qui n'est vraiment pas loin de ce que nous parlions ensemble, et grâce à toi Florence, à propos de cette vitesse ultra[sonique] de la perception, en jeu dans mes regards hallucinés. Wittgenstein dirait double jeu de langage (que je n'ai jamais très bien, à vrai dire, compris... — ce qui m'a surtout retenu, Écrire le cri en trace suffisamment les contours, sont les mots de Wittgenstein sur la folie, mentale, et non, peut-être, ce qu’Henri Meschonnic cherchait à m'enseigner du linguiste mathématicien...). Et j'ai encore cet exemple, là, dans l'autre sens et qui ne date que de quelques jours où cette directrice de revue m'a soudain complètement compris, de travers... !

Alain

 

 

 

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 4 octobre 2006

 

simplement, Florence, que je SAIS, que j'ai Compris, que simplement Lire, et quelque soit le 'degré' des écrivains digérés, n'est pas suffisant, que travailler en profondeur sur la langue, le langage (donc, la linguistique, la sémiotique, la poétique), permet un jour de comprendre vraiment, ce qu'est la Littérature , que cela permet d'éviter les écueils par exemple d'un (que j'affectionne par ailleurs mais mettre en avant cette lacune le disculpe et le disculpera forcément un jour, ou le restreindra, le fera plafonner à un certain stade, et compris, de reconnaissance extérieure), et de , trop amateur dans sa perception justement, de ce qu'est vraiment la littérature et d'être CAPABLE de faire la différence entre un bon et un mauvais voire un texte moyen, de part déjà, le travail mis en œuvre À L'INTÉRIEUR de ce dernier, ou non, ou à la présence, ou non, d'une démarche, personnelle, de ce que l'on peut vite appeler, un Style.

Je SAIS que dire cela abruptement, aussi directement (tu sais, a compris, que telle est ma démarche, et dans toute mon - mes écrits), je sais que dire de façon directe (mais quel est en moi ce besoin toujours de dire, précisément, le plus précisément possible - je ne connais décidément pas encore le jeu, la feinte, le non dire pour mieux dire ensuite...) est la cause principale du rejet du monde [...]. J'ai aimé lire hier dans un magazine d'une salle d'attente le portrait de ce footballeur viré du PSG [Vikash Dhorasoo], de valeur, mais solitaire, direct, qui se bat au quotidien contre toutes les discriminations à commencer par la discrimination de la face basanée, droit, qui ne bougera pas, même s'il en souffre en silence dans son être et sa vie personnelle.

Pourquoi te dis-je cela ? Voici la réponse que m'a fait :

Et voilà ma réponse :

Dis-moi Florence ce que tu en penses.

merci

j'espère que la première partie de cette lettre (car c'en est une), répond un peu plus à ta question première

Alain

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 1 octobre 2006

merci de tes mots, bien sûr tu as totalement raison et je crois que mes choix naturels, les amis qui me portent et que sans doute je porte, ce sont ceux là dont je parlais, qui ne sont pas dogmatiques, qui ne font pas partie de, qui sont en marge, électrons libres, libres d'eux-mêmes, capables de prendre le risque de dire une vérité qui n'est par forcément conforme à ce qu'ils sont supposés être…

 

Je me sens en affinité avec Bergounioux quand il raconte qu'à 17 ans, il a tout abandonné du reste pour se consacrer à la tâche impossible d'essayer de comprendre un peu de ce qui lui arrivait, pour lui c'est passé notamment par l'étude, encyclopédique et là aussi tu sais sens que je suis en affinité avec lui. Peut-être que ma démarche avec la poésie est du même ordre, en connaître le plus possible, en lire le plus possible, dévorer, oui pour faire naître le discernement. J'ai confiance dans ma capacité de discernement naturel, mais je sais qu'elle a tout à gagner d'être informée. Et lire oui, apprendre, comprendre oui, le plus possible, se frotter aux textes, les éprouver…

De même que, et là encore je suis Bergounioux, je pense que ce qui me manque c'est d'affronter le passé le plus lointain… La furie des premiers temps… voilà soudain qui me parle, en pensant notamment à Claude Louis-Combet.

 

Florence

 

 

 

Par Florence Trocmé - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 15 septembre 2006

 

 

Merci Florence, je pensais que tu m'en voulais peut-être un peu de ma     de ces derniers temps, que tu commençais peut-être à en avoir un peu marre ce que je comprendrais fort bien... Je vais me ressaisir, ça va passer, et je vais reprendre le fil qui nous tient, plus sérieusement. Merci donc, je t'écris en 'gigi' et je trouve ça beau ! Je l'ai trouvé par hasard. [...] Continues-tu à écrire ? Ce que j'ai bien aimé ce sont les effets d'inversions, surtout dans le deuxième essai (de ces proses sans fin, sans virgule et sans rien, sans rien d'autre que le mot, avec toutes ses ambiguïtés de sens, ses hésitations, bifurcations, mis à l'envers sur l'en vers).

 

J'ai bien noté pour le CD [textes].

 

Je dois encore te dire que je reste nostalgique — oh non, n'aie pas peur... —, nostalgique de ces beaux poèmes que je t'avais imprimés : j'aimerais tant en lire d'autres... (Il y avait du rythme, surtout, et la limpidité que j'aime tant et qui me fait fuir aussitôt lorsqu'elle est cassée, cela est si fréquent chez de nombreux poètes et poétesses contemporaines..., par un mot il n'en faut qu'un seul, je dirai, qui fait bien, qui montre que l'on est costaud et que l'on connaît de beaux mots, pas usuels et qui en impose à tous

 

Merci beaucoup, Florence

 

Alain

 

 

 

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006

je pensais aussi à toi Florence cet après-midi, je ne sais plus si c'était au volant, en marchant ou en attendant au feu rouge place Clichy en regardant quelques jolies filles passer (il y en a vraiment beaucoup à Paris...), je pensais, à t'envoyer un jour je me voyais faire le geste, à t'envoyer un jour un CD, complet, avec tous mes écrits     tels qu'ils sont aujourd'hui. Si peu, personne je crois, à vrai dire, ne connaît tout cela, comment ils se répondent, sont intéressants, explorent des voies, sont une démarche, unique et issue d'un regard qui n'existe nul part ailleurs. Alors Florence, ce soir, je tenais encore à te dire cela.

Alain

Par Alain Marc - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 13 septembre 2006

que dire le dire et le dire et le redire et le dire encore comme tu fais depuis des années l'énergie est dans ce dire et redire et dire encore puisque c'est là et que cela doit être dit bien sûr la non réception est une souffrance un chancre une plaie qui suppure sans cesse mais ce qui compte c'est le dire et le dire et le dire l'écrire et continuer envers et contre tout et tous quoiqu'il arrive c'est ta voie c'est ta voix c'est ton choix depuis toujours il faut aussi penser à la réception dans la durée le tri fait par le temps

cela dit    aussi Alain de toutes les façons [...] comme tant d'écrivains le font comme tu as commencé à le faire cette société qui te     il faut que tu trouves des biais pour la pénétrer pour percer son cuir pour lui inoculer quelque chose de toi et même si cela paraît peu qui peut dire si c'est peu ou beaucoup encore une fois l'h. est là pour nous apprendre à prendre du recul

 

je conçois très trop bien le trou noir dont tu parles mais je te dis et redis que cela il faut le dire et le redire sans relâche ton énergie vitale est là et nulle part ailleurs.

 

Florence

 

 

connais tu Jaume Plensa j'ai trouvé magnifique la description de son installation… je te passerai le livre

Par Florence Trocmé - Publié dans : correspondanSes
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Description

CorrespondanSes

Alain MARC
Florence TROCMÉ

 

Publier progressivement en anti-datant à leur jour d’écriture les lettres que nous jugeons significatives. Retoucher, supprimer si.  Se donner le droit mutuel de retravailler chacun son texte. Publier également la toute dernière correspondance en temps réel. Montrer ce que peut être une
correspondence in progress
  

  

Pour profiter pleinement de l'échange le mieux est peut-être encore de sélectionner
la rubrique
correspondanSes
de se positionner à la fin et de lire "à l'envers"

  

       

Et avec

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 etc.

 

En lisant,
en écrivant

  

Recherche

Consortium

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus