CORRESPONDANsES / CORRESPON-DENSES / CORRESPON-DANSES CO RES PONT DENSES, CORPS EST-CE PONT DANSES, CHORÈS PONT DANSES, CO RÉ(s)PONS DANSES
rapport logique entre un terme donné, et un ou plusieurs autres, permettant d'associer les éléments d'un premier ensemble
à ceux d'un second
théorie selon laquelle dans l'univers chaque élément correspond à un autre élément
correspondance d'idées, de sentiments, entre deux personnes
équilibre, proportions, symétries
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Et en plus Alain ton article est magnifique, j'ai adoré cette comparaison entre Merleau-Ponty et Bernard Noël. J'ai noté en marge pour ma : très belle confrontation parce que non pas juxtaposition mais croisement, dans le sens entrelacement des deux, ce qui veut dire non pas une "dissert" avec le point de vue de l'un, celui de l'autre et la synthèse mais une sorte de tresse des deux que j'ai vraiment beaucoup aimée.
Il ne t'aura sans doute pas échappé que Poezibao compte un nouvel espace ? Il me semble que cet espace pourrait accueillir de temps à autre Qu'en penses-tu ? J'adore le papier d'Ariane Dreyfus,
Florence
Je suis très heureux Florence, je viens de finir de revoir aujourd’hui même le premier tome de mon journal. Du coup me voilà directement replongé au beau milieu de l'année 1999 ce qui est déjà bien mieux ! Le travail fut long, et fastidieux — plusieurs mois de labeur, à ne faire que cela, jour, après jour ! — avec un tas de notes à rediriger vers d'autres carnets, qui du coup se trouvent encore plus aboutis, avec leurs parties réceptrices à parfois totalement ré harmoniser. 1999, c'était l'année où je ne savais encore absolument pas qui allait publier Écrire le cri, et si même il le serait un jour. Joie de retrouver d'intenses contacts d'alors, ce qui rompt avec mon isolement volontaire d'aujourd'hui, et les contacts qui m'arrivent encore et que je laisse traîner sur la table de mon bureau, dans la pile de fourbis depuis plusieurs années maintenant. Que ce soit Pierre Garnier, que ce soit, qui vient pourtant de m'adresser un poème dédicacé que je soupçonne avoir été écrit à ma seule intention, en message personnel de demande amicale d'explication... Ou que ce soit encore, auquel je n'ai plus donné aucune nouvelle depuis la publication des Regards hallucinés.
Pourquoi me diras-tu te dis-je tout cela ? Par égocentrisme ? Par égo -ïsme et ego surdéveloppé ? Par prétention ? Non, rien, de tout cela loin de moi. Seulement, pour laisser une Trace, ne serait-ce, qu'à une seule personne ne serait-ce qu'en unique, écho. Afin que tout cela ne se perde pas afin de lancer laisser, un fil, ou un caillou, sur la route (tu sais à quel point je ne suis pas sûr que mes écrits — j'en comptais plus d'une trentaine hier —, soient vraiment publiés un jour).
alain
EXTRAORDINAIRE JOURNÉE, Florence, de découvertes autour de très anciennes notes sur John Cage et le hasard, où j'ai subitement découvert que mon attrait pour ce discours, qui remonte aux années (encore...) 1991, avait un lien intense avec le mécanisme que nous avons déjà tant abordé ensemble sur la venue des regards hallucinés (ou des dernières poésies non hallucinées). Du hasard, de l'accident et de l'inattendu (tu vois la relation..., de cet inattendu subit — là, remarquer le jeu, flou, entre le son et le sens subit, qui n'est pas subi... —, et de l'idée, aussi, du seul moyen de l'évasion du système trop bien établi, par le défilement ininterrompu des hommes...
Tout est parti d'un, du, hasard — je passe toujours toutes mes journées à avancer dans le classement de mes notes restantes, partant de mon journal pour arroser à nouveau et refermer la boucle, de tous les autres carnets créés jusqu'à aujourd'hui (nombre clos). Parti du hasard de la découverte d'une note sur le chaos, pas encore exploitée, puis d'une série tour à tour sur ou de, Iannis Xénakis, John Cage — qui fait le lien entre le hasard et le chaos —, un compositeur russe de musique contemporaine du nom de Valentin Silvestrov, d'Antonin Artaud (on ne lit vraiment pas assez, et tire des enseignements, de son superbe Théâtre et son double...), et même, de David Bowie !, à propos de l'un de ses derniers bons albums (sublimement rock, qui aborde vraiment le chaos, du chaos comme construction, du hasard, à son expression, ce qui est, doit être quand même, différent). Abordant, et j'arrête là, aussi bien les notions de l'anarchie, de l'ordre et du désordre, de l'ordre caché des choses, de l'appel et du rappel, de l'harmonie, naissante, et du fractal. Pour retomber évidemment sur le fragment, et ma pratique de la note et du carnet.
Quelle boucle, AUJOURD’HUI !
Alain
Voilà Florence, En fin de compte je m'aperçois que sur tout ce travail j'ai utilisé les mêmes techniques d'écriture qui sont les miennes depuis quelques temps. Je retrouve le même décalage, le même jeu de ti- raillement, tendu et dé, tendu, d'une "note", à l'autre, d'un discours, au suivant. Parfois aussi le détournement *. Je retrouve le même jeu de la continuité et de la dis- continuité, de garder le fil tendu des spec- tateurs, et du, lecteur, qui n'est bien souvent (et en premier), que moi-même. Cela est à l'oeuvre, se retrouve, dans mes carnets, mais aussi dans ce que j'ai nommé mes "récits-par-fragments", où le récit avance de fragment, de pensé, en fragment, au fragment par, le les, fragments chronologiquement suivant (tu connais aussi mon respect maladif, de la chronologie, et du temps, travail sur, à partir, de la mémoire — détournée...). Aussi les mêmes techniques de la coupe, de ses outils, et de ses avatars. Je t'ai déjà parlé aussi de cela, je crois Florence, de mon côté sacralisation du texte premier, du premier, jet, à le préserver au maximum : là encore, que de parallèles ! En trichant parfois un peu, mais toujours le moins possible, comme une exception. Voilà vite pensé vite dit, ce qui me vient aujourd'hui après la clôture de cette première phase, qui me voit des plus heureux : je ne pouvais, passer dessus Alain * (à propos de ce mot, sais-tu que le situationnisme, par son plus grand représentant qu'est Guy Debord qui se faisait appelé sur le début Guy-Ernest Debord, a théorisé les deux principales techniques qu'il a utilisées et mises au point à savoir le détournement et ce qu'il nomme la "dérive" — joli mot non ?) Oui, peut-être suis-je plus habitué que toi à me dévoiler, à aller loin dans le dé- voilement
bien sûr que j'ai vu cet écueil
Mais est-ce au fond si important [...] ? D'abord garder en tête l'idée que... ; ensuite intégrer petit à petit le tiers regard dans l'écriture comme témoin, non pas voyeur, mais témoin d'un dialogue en train de se construire autour de l'écriture, autour de la lecture, autour du rapport de la lecture, de l'écriture, de l'art avec la vie, autour plus généralement de ce qui advient, jour après jour et qui nous fait réagir l'un comme l'autre, et qui nous amène sur ce point précis vers le partage avec l'autre de ce questionnement, de cette révolte, de cette joie. Etc.
La publication de cette correspondance a sans doute une fonction conservatoire ou conservatrice, pour toi surtout, tu m'as souvent exprimé ton désir de la sortir de l'ombre, je m'y suis longtemps opposée, je n'en avais pas envie et puis un jour quelque chose a changé et je crois que ce quelque chose qui a changé c'est que j'ai compris cette correspondanSe [titre de la mise en ligne] aussi comme un travail d'écriture, un travail d'écriture à deux, une danse d'écriture, où l'écriture de l'un rebondit sur celle de l'autre, en adopte souvent transitoirement quelque chose (les mots coupés, les ponts suspendus, la ponctuation, etc.). Un pas de deux. Ce qui est mon fait plus que le tien, tu restes fidèle à ta manière d'écrire, tandis que moi parfois j'emprunte la tienne, je suis dans l'empreinte de la tienne quand je te réponds, comme s'il me fallait emprunter ta voix pour bien te répondre.
Donc correspondance en devenir & terrain d'expérience, dès que le projet de publication s'est précisé, je t'ai dit que c'était cela que j'attendais, l'expérimentation d'une correspondance portée à la vue d'un plus grand nombre, un passage du duel correspondant au tiers lecteur, voire au pluriel commentateur, ce qu'implique ce passage et en quoi cette forme contemporaine d'échange épistolaire qu'est le courrier électronique intervient dans cette expérience. Question du temps, de la réactivité, de l'interactivité, ricochets et rebonds rendus possible par le caractère instantané des choses. Est-ce que cela modifie quelque chose par rapport aux correspondances échangées dans des temps où les lettres mettaient des jours, voire des semaines à toucher leur correspondant ? Il n'y a plus de temps de latence, la lettre arrive tout de suite, à peine l'encre séchée et voilà que de plus nous avons cette idée particulière de la donner à lire à plusieurs, presqu'aussi vite (mais tu noteras que nous ne sommes pas (encore ?) passés à la publication directe dans le site, nous gardons la première étape, le…). Est-ce simple équivalent de la lettre partagée en famille, lecture des "nouvelles" de l'absent ou de l'absente ? Ou bien est-ce que cela va plus loin, je crois que c'est dans la composition ET la publication de la correspondance, à partir de maintenant, que se trouveront peut-être les réponses.
Voilà de quoi réfléchir, il me semble mais je crois aussi que c'est surtout dans la pratique, qui devra rester, sans illusions, aussi libre que possible, que se dessineront peut-être des lignes de force.
Florence
Voilà, Florence, nous pouvons maintenant enregistrer devant tous les yeux, et à l'insu de l'autre, [...] et avec le recul des quelques jours nécessaires à leur imprégnation dans tout notre être de chair.
Alain
ps _ j'ai parfois trouvé Scelsi fort lugubre, surtout sur ses pièces vocales. me suis pourtant vu en réécouter une, dernièrement, alors que j'étais fort bas, et me suis surpris, ce soir là, à tellement l'aimer. La musique est tellement troublante.
oui, c'est bien, j'aime beaucoup le décalage des deux filets, image de cette correspondanSe, me semble-t-il.
F
J'en suis très heureux [de la publication des poèmes de Scelsi chez Actes Sud]
... regard, le, regard, que je te disais si important. À avoir. Oui, j'avais remarqué ces poèmes comme étant de TRÈS jolis poèmes, alors que je n'en avais, jamais, entendu parlés auparavant, et que je ne savais pas le moindre du monde, que ceux-ci étaient connus, que Scelsi était aussi re- connu, comme tel ([c’est-à-dire, comme] POÈTE). Et toi : connais-tu les magnifiques poèmes d'Alfred Brendel, que j'ai découverts grâce à la revue de Michel Deguy ?
Alain
Donc je reviens vers toi, expédiées les affaires courantes comme on dit.
Oui, étrange n'est-ce pas que je t'ai vouvoyé. Je pense qu'une des choses passionnantes dans cette aventure, car c'en est une, je le vis comme cela, c'est le travail sur le temps. Un peu comme dans l'œuvre de Claude Mauriac, ou dans celle de Frédéric-Yves Jeannet, qui rapprochent l'un et l'autre des choses écrites à des années de distance. J'étais sans doute tellement repartie dans le temps des débuts de notre correspondance, la lisant et la relisant dans le contexte de cette "exposition" qu'est cette publication, que reprenant la plume aujourd'hui pour T'écrire, je t'ai vouvoyé . Comme alors. Je trouve cette expérience, c'en est une, très troublante. Quid des différents fils, des différents continuum (pluriel ? Continua ?) de temps en nous. Le temps de l'inconscient, réputé n'en avoir pas, le temps du corps, le temps de l'esprit, le temps du monde dans lequel nous sommes immergés ?
Je reviens donc sur les questions importantes que tu me poses.
En fait je pense que la simple publication, décalée, de ce qui a été notre correspondance jusqu'à aujourd'hui n'a d'intérêt que si elle constitue le support, la fondation du développement, en ligne, en léger différé, de notre correspondance maintenant. Dans l'idée d'une expérimentation de ce que peut être la correspondance, le travail d'échange car c'en est un, entre deux écrivains qui utilisent les moyens contemporains de publication. Avec précisément tout le travail sur le temps. Et bien sûr la question fondamentale du "in progress", vu surtout sous l'aspect des remaniements que l'on peut apporter, en permanence, à ce qui a déjà été écrit.
Je voudrais que l'on harmonise absolument [...] Sinon c'est le capharnaüm typographique (as-tu noté qu'il tend un peu à se résorber aujourd'hui sur les blogs et les sites, que les gens commencent à devenir plus sensibles à cet aspect et ne multiplient n'importe comment police, corps, etc. — quel drôle de vocabulaire tout de même que celui de la typo !).
Il faut aussi vérifier la cohérence et l'enchaînement.
En effet, certaines coupes impliquent, comme dans le cas d'une tumeur, d'éradiquer large autour, sinon on ne comprend plus rien. C'est douloureux, mais nécessaire.
Florence
Florence,
dommage (dommageable ?),
Je travaille par principe allais-je dire, mais non, par obli dis-moi
alain
gation, sur, à partir, du, de mon, passé . Afin de le magnifier, afin de créer, d'en, créer une 'œuvre', un objet total et plein, cohérent et dense, qui forme un tout indestructible, et la correspondance fait partie, est un des maillons, un maillon juste, à côté. [...] travailler sur l'acquis, avec, est une belle et grande chose. C'est la deuxième étape de l'écriture, celle la plus longue, peut-être, mais qui conduit toujours à la rencontre de l'autre par l'enfin communicable. Sinon, tout reste à l'état de friches [...], d'en passer par là (c'est ce que je reproche à beaucoup de personnes que j'ai pu côtoyer et côtoie encore, qu'ils soient artistes ou é- crivants, de ne pas aller au bout et de ne rester que dans le plaisir de la source, que dans le seul plaisir, de jour en jour, de la création toujours nouvelle, et de tout laisser en l'état — qu'en restera-t-il quand ils seront mort : RIEN, Rien, d'exploitable, malheureu, sement, pour le grand malheur alors qu'il manquait parfois si peu, pour partager tout ce travail, beau et unique, parfois, mais à l'état, de perpétuelles ébauches et c'est peut-être aussi là, que tu comprendras peut-être un peu plus, la raison, pourquoi je me suis arrêté un beau jour et ai décidé d'arrêter non seulement mon journal mais de noter ainsi toujours plus de jours en jours de notes, à classer, à polir et relire, pourquoi j'ai arrêté aussi, d'ingérer di, gérer, les meilleurs passages travail d'ex- traction, de mes correspondances comme tu l'as une nouvelle fois si bien remarqué, transformées en notes, de journal, de carnets).
CorrespondanSes
Publier progressivement en anti-datant à leur jour d’écriture les lettres que nous jugeons significatives. Retoucher, supprimer si. Se
donner le droit mutuel de retravailler chacun son texte. Publier également la toute dernière correspondance en temps réel. Montrer ce que peut être une
correspondence in progress
Pour profiter pleinement de l'échange le mieux est peut-être encore de sélectionner
la rubrique correspondanSes
de se positionner à la fin et de lire "à l'envers"
etc.
En lisant,
en écrivant
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